Regards croisés de Chasseurs alpins

Mardi 4 février après-midi les élèves de 4ème et de 3ème du collège Jeanne d’Arc sont venus à la rencontre, au Castel Park, de 3 témoins des grands conflits du XXème siècle et de la mémoire nationale: Mrs Aujard, Ponsich et Lavayssiere ont accepté de partager leurs souvenirs. Il s’agissait d’une conférence de « regards croisés » autour de la mémoire des chasseurs alpins. Nos 3 intervenants font partie de l’association Les Diables bleus Aunis Saintonge Sud-Vendée qui a pour objectif principal de regrouper tous les anciens chasseurs alpins.

 

Jacques Aujard, enfant durant l’occupation allemande à Mauzé-le-Mignon, a fait son service militaire dans les chasseurs alpins.

René Ponsich, a témoigné de son expérience d’ancien combattant de la guerre d’Algérie et de l’importance des commémorations nationales.

Jean-Yves Lavayssière, descendant d’une lignée de combattants, a partagé son engagement pour la transmission de la mémoire des Chasseurs Alpins.

Vous pouvez découvrir leur biographie respective ci-dessous.

 Merci à eux pour ce partage avec nos jeunes.

 

Jacques Aujard

Jacques Aujard est né le 26 août 1929. Son père, originaire de l’Île de Ré, épouse une fille de cultivateur à Mauzé-sur-le-Mignon. A l’âge de 11 ans, il assiste à l’entrée des allemands dans le village. Ils font flotter le drapeau nazi sur la mairie et la Kommandantur. 100 à 120 soldats allemands patrouillent en permanence toutes les 2 heures. Un couvre-feu est instauré à 22h. La gare de Mauzé-sur-le-Mignon est stratégique pour les allemands. En effet, les locomotives à vapeur doivent s’arrêter afin de prendre de l’eau. Le père de Jacques est résistant et organise avec un groupe et notamment son camarade, Marcel Arnaud, le sabotage des citernes d’eau et d’un bâtiment annexe. Jacques Aujard voit passer les avions canadiens P38 au-dessus du village au moment de la Libération.

La famille quitte Mauzé-le-Mignon pour déménager sur la commune de de Saint-Cyr-du-Doret. Jacques passe son certificat d’études à 11 ans et demi. Il reste à l’école jusqu’à 14 ans. Entre-temps il prend des cours d’algèbre (mathématiques) et des cours de dessin industriel jusqu’à l’âge de 16 ans.

En 1949, il est appelé à faire son service militaire dans les Chasseurs Alpins au 27ème bataillon à Annecy. Il y passe tous ses permis de conduire et est envoyé à Lyon pour piloter une voiture Citroën (Traction Avant 11 Performance). Il est alors apte à devenir chauffeur d’un officier supérieur au Groupe de montagne de Grenoble. Il est libéré du service militaire le 23 décembre 1950.

En 1951, Jacques Aujard épouse une fille de cultivateur. Revenu à la vie civile, il rejoint l’entreprise en mécanique agricole de son père à partir de 1964. Il travaille en famille aux côtés de son frère. En 1965, l’entreprise se diversifie et se lance dans la motoculture et l’équipement pour les espaces verts. Lorsque Jacques Aujard prend sa retraite, l’entreprise emploie 34 personnes.

En 1964, il entre dans l’Association des Diables bleus d’Aunis et de Saintonge qui maintient le devoir de mémoire et célèbre les traditions des Chasseurs Alpins. Puis un regroupement d’autres associations charentaises a lieu avec le Sud-Vendée. Jacques Aujard en est le président pendant 28 ans. Cette association œuvre à la conservation de l’histoire et de la mémoire des Chasseurs par exemple en stockant des archives ou en participant et organisant des commémorations.

René Ponsich

René Ponsich est né le 31 août 1939 en Algérie. Son père, Henry Ponsich, après une carrière d’architecte, est appelé au service militaire puis s’engage comme lieutenant auprès de la France Libre lors de la Seconde Guerre mondiale. Il combat en Algérie, Tunisie, Sicile, Italie puis débarque en Provence en 1944. Il fait partie de la Première armée dite Armée Rhin et Danube, sous le commandement du Général De Lattre de Tassigny, et participe à la Libération du territoire national. Il s’engage également dans le conflit indochinois. La mère de René Ponsich est née à Londres, elle est d’origine hollandaise. Ses parents étaient résistants à Amsterdam durant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont arrêtés et déportés au camp de Bergen-Belsen et de Ravensbrück.

René Ponsich, après des études à l’école d’officier, entre en 1959 chez les Chasseurs Alpins au 159e bataillon. Après un passage par le 11ème Bataillon de Chasseurs Alpins à Barcelonnette, il part pour l’Algérie et participe au conflit armé au sein du 17ème Bataillon de Chasseurs à Pied. Il est basé dans les Aurès, une zone de hauts plateaux, siège de nombreux résistants algériens nommés fellaghas par l’armée française. Il assure des missions de combats et de renseignements. En Algérie, il forme pendant 6 mois de jeunes officiers en tant qu’instructeur. Il épouse en 1961, une infirmière de la 2ème brigade de Chasseurs Alpins également basée dans les Aurès.

De retour en France, en 1962, il entre au CEA, Commissariat à l’Energie Atomique, en tant que militaire. Il reste, en parallèle, formateur de militaires réservistes à la caserne Nansouty à Bordeaux. Il poursuit sa carrière à Bordeaux au CESTA, centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine. Il prend sa retraite en 1999. Il devient président de l’Association des Diables bleus d’Aunis et de Saintonge Sud-Vendée qui maintient le devoir de mémoire et célèbre les traditions des Chasseurs Alpins. De plus, René Ponsich est président de l’Association pour la pérennité du Souvenir des combats de la Poche de la Rochelle et organise chaque année avec le DMD (délégué militaire départemental) la cérémonie qui a lieu tous les 1ers samedis du mois de septembre sur le site Mémorial de Ferrières.

Jean-Yves Lavayssière

Jean-Yves Lavayssière est né le 19 octobre 1952 à Tananarive (Antananarivo), capitale de Madagascar. Il va à l’Ecole du Sacré Cœur d’Entanimena puis poursuit ses études supérieures de droit en France. Il est appelé au service militaire en 1974 dans un régiment d’infanterie au 129E Ri en Allemagne à Constance (des forces françaises sont stationnées en Allemagne jusqu’en 1993 suite à l’Occupation du pays à partir de 1945). A la fin du service militaire, en 1975, il devient gestionnaire dans des établissements publics comme des foyers d’immigrés par exemple.

Jean-Yves Lavayssière est issu d’une lignée de combattants militaires qui ont participé à tous les grands conflits du XIXème et XXème siècle.

Lorsqu’il est enfant, son père est chef de service du fabricant de chaussures Batta sur l’île malgache. Avant cette carrière professionnelle, il est résistant, FFI (Force Française de l’Intérieur) à Vernon en Normandie. Il quitte sa maison le 5 juin 1944, veille du Débarquement et participe à des actions de Résistance au sein d’un réseau. Il s’engage ensuite dans un régiment américain et participe à la Seconde Guerre mondiale jusqu’en Allemagne.

Le grand-père de Jean-Yves Lavayssière est soldat de 1ère classe lors de la Première Guerre mondiale. Il est grièvement blessé lors des combats et amputé d’un bras et d’une jambe. Il est fait Officier de la légion d’honneur. Son arrière-grand-père fut garde impérial sous Napoléon III.

Jean-Yves Lavayssière est également descendant du caporal Jean Lavayssière. Celui-ci symbolise l’engagement de tous les Chasseurs Alpins. En effet, il est le seul des 13 survivants sur 250 chasseurs, du 8ème bataillon, à avoir rapporter son arme lors des combats des 23, 24 et 25 sept 1845 à la bataille de Sidi Brahim. Celle-ci oppose l’armée française aux troupes d’Abd-El-Kader (chef militaire algérien). En 1878, il est décidé de commémorer cette bataille. En 1911, le monument-tombeau de Jean Lavayssière est érigé à Castelfranc dans le département du Lot, commune d’origine de la famille. En 2015, Jean-Yves Lavayssière s’est investi dans la restauration et le déplacement du monument-tombeau de son ancêtre. De plus, habitant Surgères, il est devenu membre de l’Association des Diables bleus d’Aunis et de Saintonge Sud-Vendée.

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